AlphaGo et la domination planétaire made in Google

AlphaGo et la domination planétaire made in Google

Avec 4 victoires à 1, AlphaGo a battu en mars 2016 Lee Sedol, champion du monde coréen en titre de jeu de go

Petit détail qui a son importance : AlphaGo n’est pas un être humain, mais un programme d’intelligence artificielle mis au point par Google DeepMind.
Cette domination de la machine sur l’homme n’est pas sans évoquer celle de Deep Blue contre Garry Kasparov, le superordinateur spécialisé dans le jeu d’échecs développé par IBM au début des années 1990 – avec toutefois une différence de taille : doté d’une puissance de calcul prodigieuse, Deep Blue pouvait à chaque coup envisager toutes combinaisons possibles (jusqu’à 300 millions de positions par seconde) ; or si l’on estime à 10120 le nombre de parties différentes possibles aux échecs, cela monte à … 10600 pour le jeu de go : la « force brute » d’un Deep Blue se révélerait impuissante sur un plateau de go !

AlphaGo s’est imposé par expertise : il a été entraîné à imiter les joueurs humains, par apprentissage de dizaines de milliers de parties menées par des maîtres de très haut niveau : à la brutalité donc d’un Deep Blue succède aujourd’hui l’intelligence artificielle d’un AlphaGo.
Pour IBM, il s’agissait de montrer la puissance de son supercalculateur… assisté d’un vingtaine de techniciens pour en assurer le bon fonctionnement ; pour Google, il s’agit plutôt d’un point de départ vers un nouveau monde, ou une nouvelle domination planétaire.
Ceux qui imaginent Google comme un simple moteur de recherche, suffisamment efficace pour générer des milliards de dollars de revenus publicitaires, n’ont du géant californien qu’une vision très parcellaire ; ceux qui y ajoutent Android, YouTube, les Google cars et autres Google maps, à peine moins : ce n’est que la face émergée de l’iceberg.

Simplement parce que Google n’existe plus, renommé l’an passé en Alphabet. Avec en son sein une division domotique, les Nest Labs, qui se positionne sur le marché déjà très concurrencé bien qu’encore balbutiant des objets connectés ; Calico, société de biotechnologie ; Google DeepMind donc, dans l’intelligence artificielle. Et que ce même Alphabet a développé avec la NASA, la Singularity University, présentée comme tout à la fois une université, un think-tank et un incubateur : la singularité, c’est le point de non retour où les machines dépasseront l’être humain, où l’intelligence artificielle dépasse la nôtre : nous n’y sommes pas encore parvenus, mais une nouvelle étape vient d’être franchie.
Utopisme des fondateurs ultra fortunés d’un groupe ultra puissant ? Pourtant, ils ne sont pas les seuls à réfléchir dans cette direction : parti plus tard parce que plus jeune, Facebook a décidé d’ouvrir son laboratoire européen d’intelligence artificielle à Paris.
A l’heure où les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) sont en train de se faire rattraper par les TUNA (Tesla, Uber, Netflix, Airbnb), la lutte pour la domination planétaire est en marche, avec des investissements colossaux ; mais ne nous y trompons pas, la feuille de route d’un Google, d’un Facebook ou d’un IBM est déjà écrite.
Certains avancent de succès en succès comme Google avec AlphaGo ; d’autres de manière plus chaotique, comme Microsoft, dont Tay, son intelligence artificielle, est soudain devenue raciste au contact des twittos !
Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley est bien en marche… pas sûr qu’il soit réellement le meilleur.