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Ne pas confondre nom de marque et nom de domaine

Ne pas confondre nom de marque et nom de domaine

Bien sûr, mieux vaut utiliser son nom de marque comme nom de domaine – même si parfois, c’est compliqué, de nombreux prédateurs pratiquant le cybersquatting ; toutefois, marques et URL répondent à des logiques différentes.

Un nom de domaine doit être court, facilement mémorisable ; l’hébergeur OVH indique ici les « 10 règles » d’un bon choix : facile à comprendre et à écrire, court – « 5 caractères » quand c’est encore possible –, etc.

Trouver LA bonne URL, tel est le challenge numéro un de toute startup qui se lance aujourd’hui sur le Web ; et comme il faut aller vite, sans nécessairement prendre le temps de la réflexion, cette URL se transforme rapidement… en marque

Les noms de marque répondent pourtant à d’autres logiques – nous allons y revenir plus en détail ; mais comme bon nombre d’entrepreneurs confondent domaine et marque, sur 90 000 noms de marques créés et déposés chaque année en France, 43% sont d’origine anglaise (*), parce qu’une URL globale, ça fonctionne mieux dans une compétition globale.

Seulement 32% des noms présentent une origine française, alors que le latin intervient pour … 19% : d’où vient cette réticence à utiliser la langue de Voltaire ? Pas assez moderne – alors qu’inversement, le latin transmettrait des valeurs moins datées ?

Il est amusant de voir fleurir dans de nombreux pays des marques à consonance française : dans ces régions du monde – Japon, Chine ou Corée, mais également Grande-Bretagne ou États-Unis – une marque française évoque un savoir-faire, une culture, le luxe ou la gourmandise, etc.

Évoque : car c’est bien là, la fonction d’une marque, l’évocation – ou en termes sémiotiques = la connotation. Et le choix d’une langue est toujours lourdement porteur de sens.

Les anglicismes « parlent » immédiatement aux consommateurs – du moins à ceux qui parlent la langue a minima ; plus compliqué pour les termes d’origines germanique ou latine : quel conducteur d’Audi sait que sa marque signifie ‘écoute’ ? En fait il s’agit d’un jeu de mots entre un impératif latin et le patronyme du fondateur August Horch = écoute en allemand : évidemment, aucun cabinet n’oserait effectuer une telle proposition de nos jours !

Une dénomination peu connotante demandera de lourds investissements publicitaires pour construire une image de marque attirante… mais supportera aisément de multiples repositionnements : Axa s’est imposé dans le monde entier, Allianz reste très germanique.

Un nom de domaine demeurera éternellement figé – on évitera de déménager un site dont on a patiemment optimisé le référencement ; une marque suivra plus aisément les tendances sociétales, se chargeant de valeurs nouvelles au gré des campagnes publicitaires… et des attentes des consommateurs.

On notera enfin que la confusion à leur création entre noms de domaine et noms de marque aura scotché certaines marques dans des époques révolues, comme Yahoo ! ou Wanadoo : des marques déjà vintage – ou démodées – quelques années après leur apparition.

(*) Recensement effectué par l’agence Créads.

Illustration : photo prise à Séoul dans le quartier de Gyeongheuigung.