Faut-il interdire Facebook ?

Faut-il interdire Facebook ?

Facebook ne laisse pas indifférents les médias, certains se posant même la question de son interdiction : trop puissant, trop dangereux, notamment pour les publics les plus jeunes … même si ces derniers s’en détournement massivement – mais demain, on suggérera certainement l’interdiction de WhatsApp !

D’autres proposent au contraire de transformer le réseau indépendant en service public – la même question se pose pour Google : quand un service touche une part trop importante de la population, et ce sans concurrence réelle, ne devrait-il pas tomber dans le domaine public ?

Ou ne devrait-il pas tomber sous le coup des lois contre les monopoles, comme AT&T qui fut démantelée en 1982 – une des rares mais emblématique application du Sherman Anti-Trust Act ?

En fait, les  médias n’aiment pas beaucoup Facebook qui siphonne leur audience, pour ne leur redonner ensuite un peu de visibilité qu’une fois qu’ils se sont installés chez lui : déjà que la presse manque de moyens, et voici que le réseau social contrôle leur porte-monnaie.

Facebook leur paraît d’autant plus suspect qu’il est devenu au fil des jours le plus grand réservoir de Fake News, qu’il se garde bien de filtrer : tout juste explique-t-il à ses utilisateurs comment s’en méfier alors qu’avec ses moyens il pourrait se montrer un peu plus vigilant.

On a souvent désigné la presse et les médias de 4ème pouvoir, contrebalançant le législatif, l’exécutif et le judiciaire : à l’heure où les GAFA – au sens large, car il ne faudrait pas trop vite oublier les IBM, Microsoft autres Netflix – font des bras de fer avec les états, on peut se poser la question du « réel 1er pouvoir » : pas sûr aujourd’hui que ce soit toujours le politique !

Ce qui en soit devient gênant dans un démocratie : Facebook ne tire pas sa puissance d’une élection, impossible de le sanctionner en le renvoyer chez lui.

Facebook tire sa puissance de son trafic et pour l’augmenter, tout est bon … y compris les fausses informations ! Et les citoyens se laissent prendre dans ses toiles.

En Chine, pas de tels embarras : le gouvernement reste – de loin – le 1er et seul pouvoir : l’omnipotent Alibaba suit très spontanément la ligne du parti … quand il ne la devance pas, le groupe ayant ainsi racheté le South China Morning Post, le seul quotidien hongkongais indépendant pour aussitôt le censurer !

Nul doute que dans les années qui viennent, de gigantesques bras de fer vont avoir lieu entre pouvoirs politiques et médiatiques (médias « classiques » d’un côté, médias sociaux de l’autre) – la question étant : qui va les arbitrer ?